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Endoscopies et MICI

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Certains examens complémentaires sont indispensables pour faire le diagnostic de MICI (Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin), pour juger de la sévérité de la poussée, rechercher ou dépister des complications, c’est le cas des examens endoscopiques.

On entend par endoscopie, l’ensemble des examens utilisant des endoscopes : appareils munis d’un système d’éclairage qui peuvent être introduits dans un organe creux et en permettre l’exploration. On peut, à l’aide de ces appareils, regarder directement à l’intérieur de tous les organes, et en particulier pour le tube digestif de l’osophage, de l’estomac, du duodénum, de l’intestin grêle et du côlon, y recueillir des photos, des films. Grâce à la présence de canaux opérateurs, il est possible d’introduire au travers de l’endoscope des pinces, des anses, des aiguilles, des cathéters, des ballons de dilatations qui permettent la respectivement la réalisation de biopsies (prélèvements), l’ablation de polypes, l’injection de substances, de colorations,de traitement de sténoses (rétrécissements). Ces appareils fonctionnent avec des systèmes vidéo : l’appareil étant muni à son extrémité d’un système de caméra miniaturisé à CCD comparable à celui d’utilisé dans les caméras vidéo.

La coloscopie constitue l’examen clef du diagnostic de MICI.

Elle va permettre de visualiser l’ensemble du côlon (gros intestin) et la dernière partie de l’intestin grêle (partie terminale du petit intestin)e, de réaliser des prélèvements, éventuellement de faire des photos.

Comment réaliser un examen de bonne qualité ?

Une préparation est nécessaire pour nettoyer le côlon. Une excellente préparation sera le garant d’un examen de qualité et la coopération du patient est donc indispensable. Il faut suivre un régime sans résidus les trois jours précédant l’examen, c’est-à-dire exclure les fruits, les légumes et le pain. Dans les heures qui précèdent la coloscopie, le patient absorbera une solution purgative.

La préparation doit être effectuée correctement pour que le médecin puisse réaliser un examen complet et de bonne qualité.

La coloscopie s’effectue sous anesthésie de courte durée. Il est donc indispensable d’avoir une consultation de pré-anesthésie, au plus tard 48 heures avant l’examen, sauf en cas d’urgence.

L’examen est réalisé en hospitalisation de jour. Le patient arrive à jeun (sans avoir bu, mangé et fumé depuis au moins 6 heures). La coloscopie dure entre 15 et 30 minutes. Un repos de quelques heures après l’examen est nécessaire avant de quitter le centre d’examen.

Le patient ne doit pas conduire de véhicule pendant les 24 heures qui suivent. Il est souhaitable de repartir accompagné.

A quoi sert ce premier examen ?

La coloscopie permet au gastro-entérologue de confirmer le diagnostic de MICI et d’en préciser la nature :

  • Maladie de Crohn (MC)
  • Rectocolite hémorragique (RCH).

Sur un compte rendu détaillé, il va décrire

  • les lésions (ulcérations, rétrécissements, polypes.)
  • l’étendue de la maladie (est-elle limitée ou étendue à tout le côlon, touche-t-elle la partie terminale de l’intestin grêle ?)

Dans la majorité des cas, ces éléments permettent de préciser la nature de la MICI (maladie de Crohn ou RCH), mais parfois cela est plus difficile et les prélèvements (biopsies), que le médecin aura réalisés à l’aide de pinces et qu’il adressera au laboratoire d’anatomo-pathologie, permettront de confirmer le diagnostic.

Grâce à cet examen un traitement adapté sera mis en route.

En dehors du diagnostic initial de MICI, faut-il faire d’autres coloscopies ?

La coloscopie devra la plupart du temps être renouvelée en fonction des troubles digestifs mais elle ne sera pas systématique lors de chaque poussée.

Mais elle sera indispensable

  • si le médecin suspecte une complication,
  • en cas d’absence de réponse au traitement médical,
  • après chirurgie pour juger de l’intérêt d’un traitement préventif des rechutes (immunosuppresseurs),
  • avant la mise en route d’un traitement par anti-TNF pour éliminer une sténose (rétrécissement du côlon ou de l’intestin grêle),
  • avant une intervention chirurgicale,

Parfois la coloscopie sera réalisée pour dilater des sténoses et éviter une intervention chirurgicale.

Des coloscopies sont-elles nécessaires lorsque tout semble aller bien ?

La coloscopie est essentielle également dans la prévention du cancer colo-rectal même en l’absence de tout symptôme.

Le cancer colo-rectal est le cancer digestif le plus fréquent et les malades atteints de MICI ont un risque accru et précoce. Ce risque est d’autant plus élevé que la maladie est étendue et ancienne même si elle est en rémission grâce au traitement.

Avant d’atteindre le stade de cancer les lésions passent par le stade d’inflammation puis de dysplasie (Modification progressive des caractéristiques de normalité d’une cellule. Perte par exemple de la paroi, ou de certaines propriétés de fabrication, de sécrétion etc.). La surveillance par coloscopie, réalisée en dehors des poussées de la maladie, permet de dépister ces dysplasies. Au cours de la coloscopie, des biopsies systématiques sont réalisées dans ce but.

De nouvelles techniques sont apparues pour aider à la recherche de ces dysplasies comme la chromo-endoscopie. On répand dans le côlon, au cours de la coloscopie, un colorant, le bleu de méthylène, par un canal opérateur pour colorer la paroi colique, les zones anormales dites dysplasiques apparaissent, permettant ainsi de cibler les biopsies.

Le risque d’apparition d’une dysplasie augmente avec :

  • l’ancienneté de la maladie
  • le jeune âge au moment du diagnostic
  • l’étendue de la maladie

Quand faut-il débuter cette surveillance ?

En cas d’atteinte de l’ensemble du côlon, la surveillance systématique doit débuter à partir de la 8° année d’évolution puis sera répétée à intervalles réguliers.

En cas de maladie limitée à la partie gauche du côlon, la surveillance s’effectue, de la même manière, à partir de la 15° année.

Par contre qu’elle que soit l’étendue de la maladie, l’existence d’une cholangite sclérosante associée (maladie inflammatoire des voies biliaires), incite à débuter la surveillance immédiatement.

La découverte d’une dysplasie, conduira dans la plupart des cas à l’indication d’une colectomie (ablation du côlon), afin d’éviter l’apparition d’un cancer.

Peut-on réaliser d’autres explorations endoscopiques digestives ?

La maladie de Crohn pouvant toucher tout le tube digestif il est parfois nécessaire de réaliser une exploration de l’osophage, de l’estomac, et du duodénum : on réalise alors une endoscopie à l’aide d’un appareil introduit par la bouche.

L’entéroscopie utilise également un endoscope introduit par la bouche permettant l’exploration d’une partie de l’intestin grêle, il est rarement réalisé au cours des MICI.

La vidéocapsule endoscopique est une gélule contenant une caméra vidéo miniaturisée et une source lumineuse. Avalée, elle progresse naturellement. La caméra permet d’enregistrer des images vidéos, transmises par télémétrie à un enregistreur externe que le patient porte à la ceinture. La capsule est éliminée dans les selles au bout de 24 heures environ. Elle permetd’explorer en totalité l’intestin grêle mais il n’est pas possible de réaliser des prélèvements et, actuellement, elle ne peut pas examiner le côlon. Elle est contre indiquée en cas de sténose mais peut être utile pour différencier une maladie de Crohn et une RCH (dans cette dernière il n’y a jamais de lésion sur l’intestin grêle) ou pour établir l’étendue des lésions d’une maladie de Crohn.

Que doit-on retenir ?

La coloscopie est indispensable pour faire le diagnostic de MICI, pour évaluer l’étendue et la gravité des lésions afin d’adapter le traitement.

Une surveillance endoscopique est nécessaire après quelques années d’évolution afin de dépister des lésions pré-cancéreuses et ainsi de prévenir l’apparition d’un cancer colo-rectal.